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Vous
avez besoin d’argent pour créer ou développer votre
entreprise et vous avez épuisé le crédit de vos amis ou
de votre banque. Vous avez entendu parler des centaines
de millions d'euros qui ont été investies par le
capital-risque dans les start-ups, et vous vous demandez
si vous pouvez faire appel à ce type
d’investisseurs.
Prenez
le temps de comprendre ce qu’est véritablement le
capital-investissement et vous aurez gagné du temps pour
trouver l’argent dont vous avez
besoin.
Préliminaire
: capital-risque ou capital-investissement
?
Sont
utilisés indifféremment le mot capital-risque
(traduction de l’anglais venture capital)
ou capital-investissement. Même si cet investissement en
capital ou quasi capital dans une entreprise comporte un
risque important, nous préférons utiliser
capital-investissement comme terme générique, étant
précisé que le capital-risque à l’intérieur de la
famille du capital-investissement consiste à ne financer
que les créations d’entreprise.
1.
Qu’est-ce que le capital-investissement ?
C’est
un investissement en fonds propres ou quasi fonds
propres…
Le capital-investissement consiste en une prise de
participation en capital, dans des entreprises
généralement non cotées pour financer leur démarrage ou
leur croissance, leur survie ou leur changement de
mains. Il s’agit ainsi de financer des sociétés en
création ou des PME / PMI à un moment critique de leur
histoire, en palliant le manque d’argent des fondateurs
ou des dirigeants, et en fournissant des capitaux que
les banques ne sont pas prêtes à engager car le risque
est trop important pour elles.
Le capital-investisseur est un intermédiaire entre les
institutions financières (Investisseurs Industriels,
Fonds de pension / Caisses de retraite, Banques,
Compagnies d’assurance, Personnes privées, Organismes
d’Etat, Universités / Ecoles, ...) et l’entreprise. Ces
institutions confient aux capital-investisseurs le soin
d’investir une partie des fonds qu’ils gèrent pour
diversifier leur risque et augmenter la rentabilité de
leur portefeuille. Dans le cas des organisations
publiques ou parapubliques, l’accent peut être mis plus
sur des aspects de développement économique
(structuration d’une filière ou dynamisation d’une
région) que sur des aspects de
rentabilité.
...qui
attendent une forte rentabilité en contrepartie du
risque encouru…
L’objectif
du capital-investisseur est d’obtenir pour ses
investisseurs une rentabilité supérieure à celle que
l’on pourrait obtenir à travers un placement sans risque
(investissement de type Caisse d’Epargne, bons du
trésor, ...). Il obéit à une règle d’or simple : plus un
investissement est risqué, plus la rentabilité espérée
doit être élevée. Par rentabilité élevée, entendons
15-20% par an cumulés pour du capital-développement,
20-40% pour une reprise d’entreprise avec effet de
levier (LBO), plus de 30% pour du financement de
création d’entreprise (start-up) ou du
capital-retournement (entreprise en difficulté). Ces
chiffres peuvent être comparés au taux de rendement des
emprunts d’Etat à Long Terme qui, en l’espace de dix
ans, sont passés de 10 % à 5 %.
et
pour une durée limitée dans le
temps.
C’est
au moment du désinvestissement que le
capital-investisseur réalise la plus-value espérée, soit
en revendant sa participation à un industriel ou à un
autre financier, soit en introduisant la société en
Bourse. Le désinvestissement n’exclut pas le versement
de dividendes ou le paiement d’intérêts pendant le temps
que dure la participation, mais ce n’est généralement
pas là que l’essentiel de la rentabilité est
espéré.
2. Quel financement à quel moment de la vie de l’entreprise ?
En
parcourant les guides sur le capital-investissement ou
en discutant avec des professionnels, vous constaterez
qu’il existe un vocabulaire propre à la profession, dont
la quasi-totalité des termes sont empruntés à l’anglais.
Pour vous y retrouver, il est nécessaire de connaître
les différentes opérations que recouvre le
capital-investissement.
Dans
le cycle de financement des jeunes entreprises, les
capital-investisseurs professionnels / institutionnels
n’interviennent pas à tous les stades. Ainsi le
financement du tout début d’une entreprise est souvent
assuré par ce que les américains appellent le love money,
c’est-à-dire l’argent que vous collecterez dans un
premier temps auprès de vos proches.
Lorsque
le projet est devenu plus concret, vous pourrez trouver
un Business
Angel, qui vous apportera un financement pour
continuer votre aventure ainsi que des conseils. Les
Business Angels sont en effet généralement des
entrepreneurs ou d’anciens entrepreneurs et leur
expérience compte au moins autant que leur argent. Enfin
l’étape suivante consistera à lever des fonds auprès de
capital-investisseurs pour donner une véritable assise
au projet : c’est le recours au capital-risque.
Vous pouvez aussi être amené à rencontrer un
capital-investisseur au moment où vous souhaitez
développer votre entreprise, on parlera alors plutôt de
développement. A moins que vous soyez dans la situation
de vouloir racheter l’entreprise dont vous êtes
actuellement salarié, auquel cas on parlera de MBO
(Management Buy-Out). En fait, d’un investissement de
cinq cent milles euros dans une start-up à un LBO
portant sur une entreprise dont la valeur représente
plusieurs dizaines de millions de francs, la fourchette
montre la diversité des types de financement que l’on
peut classer ainsi :
|
NOM |
DESCRIPTION |
SYNONYMES |
|
Capital
d’amorçage |
Financement
d’un projet au niveau de la recherche, de la
définition du produit. |
Capital-création |
|
Capital-risque
(stricto
sensu) |
L’entreprise
est en phase de création ou au tout début de son
activité. Elle n’a pas commercialisé son produit.
Le financement est destiné au développement du
produit et à sa première
commercialisation. |
|
|
Capital-développement |
L’entreprise
a atteint son seuil de rentabilité et dégage des
profits. Les fonds seront employés pour augmenter
ses capacités de production et sa force de vente
pour développer de nouveaux produits, financer des
acquisitions et/ou accroître son fonds de
roulement. |
|
|
Rachat
d’entreprise avec
ou
sans effet de
levier |
Les
capitaux sont destinés à l’acquisition par la
direction existante, ou par une nouvelle équipe,
et par leurs investisseurs, d’une société déjà
établie, et/ou à la création d’une société
holding.
LBO,
LBU, MBO, MBI, BIMBO |
Capital
transmission
RES
/ LMBO |
|
Pré
IPO |
Financement
avant introduction en
Bourse. |
Pré-Cotation
|
|
Rachat
de positions
minoritaires. |
L’investisseur
rachète des actions détenues par des actionnaires
familiaux ou éventuellement par d’autres
opérateurs en
capital-investissement. |
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|
Retournement |
|
|
3. Capital-investissement et innovation
Le capital-risque, longtemps délaissé
Historiquement,
le Venture
Capital s’est développé aux Etats-Unis avec pour
ambition et comme raison de vivre de financer des
aventures « entrepreneuriales ». En ce sens,
la vocation première du capital-investissement est bien
de financer le développement d’idées, de concepts et de
produits nouveaux : ce qu’il est convenu d’appeler des
innovations.
A retenir :
l'essentiel
Le
capital-investissement est un investissement en fonds
propres ou quasi-fonds propres réalisé pour le compte
d’institutions financières qui attendent une forte
rentabilité en contrepartie du risque encouru et pour
une durée limitée dans le temps.
Le
terme capital-investissement recouvre les financements
en capital d’une entreprise au cours des différentes
phases de son existence:
-
Le capital d’amorçage finance un projet de recherche ou
de finalisation du produit.
-
Le capital-risque finance une entreprise en création ou
au tout début de son activité.
-
Le capital-développement finance une entreprise déjà
existante cherchant à accélérer son développement
(augmentation des capacités de production, de la force
de vente, développement de nouveaux
produits…)
-
Le capital-transmission finance le rachat d’une
entreprise par ses salariés ou par des
tiers.
-
Le pré IPO finance une entreprise avant son introduction
en Bourse. - Le retournement finance une entreprise
en difficulté pour la redresser.
(Texte extrait de "Tout savoir sur le
capital-risque", Gilles MOUGENOT, éditions City&York)
Source : apce.com
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