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Running: les modes passées, FIN.

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L’ALTITUDE POUR LES EFFORTS EN PLAINE : par Denis RICHE

Running: les modes passées, FIN.



            La question de l’impact de l’altitude sur les performances ne s’est vraiment posée qu’à l’approche des Jeux de Mexico en 1968. Jusque là, bien que des groupes entiers de population aient déjà vécu au-dessus de 2000 mètres, le monde médical ne s’y était pas franchement intéressé. A cette date, de nombreux travaux ont été entrepris pour permettre d’en savoir un peu plus, ce qui a permis de préciser plusieurs points :



-       le bénéfice procuré par l’entreprise de stages préparatoires en altitude sur les performances réalisées en plaine, contrairement à ce qu’on croit habituellement, est loin d’être démontré, faute d’études véritablement irréprochables, où on pourrait distinguer sans ambiguïté l’effet de l’altitude de celui du stage proprement dit. On sait de plus que l’augmentation du taux de globules rouges relevée parfois dans ce contexte n’est pas systématique, qu’elle dépend du niveau préalable des réserves de fer de l’organisme et des apports en vitamines et que par exemple, en présence d’une carence, d’une inflammation ou d’un état de fatigue préalable mal évalué, les conséquences d’un séjour à la montagne peuvent aller à l’encontre du but recherché et affaiblir les participants. Curieusement, plus de la moitié des stagiaires redescendent d’altitude avec une diminution de leur nombre de globules rouges, ce qui est évidemment l’effet contraire à celui recherché lorsqu’ils partent au-dessus de 2000 m. D’autre part, l’adaptation consécutive au séjour en altitude est d’autant plus nette que le niveau athlétique initial du sportif est bas ; ainsi, les coureurs « moyens » bénéficieraient davantage des effets de l’altitude, en théorie, que l’élite. Une autre approche a récemment suscité un certain espoir, c’est celle qui consiste à dormir et vivre en altitude et à s’entraîner dans les vallées. On désigne cette stratégie sous l’expression « live high train low », selon l’expression de son concepteur, le physiologiste Benjamin Levine. Dans ce contexte, le taux d’hémoglobine semblerait bouger davantage, mais la durée de cette adaptation positive, une fois revenu au niveau de la mer, semble très brève. Ce n’est donc sans doute pas la panacée.

-       Dans le cas d’efforts devant se dérouler en altitude, plusieurs effets défavorables résultent de la raréfaction d’oxygène, et là un séjour préparatoire semble indispensable à une meilleure tolérance à ce contexte particulier. Cette hypoxie occasionne essoufflement, accumulation précoce de déchets acides, troubles du sommeil voire baisse de l’appétit tout à fait préjudiciable. Ces adaptations néfastes surviennent temporairement. Elles se manifestent à partir de la douzième heure du séjour et s’estompent au bout d’une semaine, au terme de laquelle le coureur ne ressent plus de gêne. Le niveau d’effort fourni dans ces conditions reste toutefois inférieur à celui atteint en plaine. Celui qui compte participer à une compétition disputée en altitude pourra alors choisir entre deux options ; soit il arrive la veille au soir et, entamant son effort moins de douze heures après son arrivée en montagne, il ne souffre pas encore du syndrome de « désadaptation ». Son organisme fonctionne encore comme au niveau de la mer, à ceci près qu’en altitude il doit faire face à un manque d’oxygène qui limite l’intensité de son effort. Soit il entreprend un séjour préalable en altitude, ce qui laisse le temps à son organisme de s’adapter, de supporter l’hypoxie et d’améliorer son pouvoir « tampon ».  Par contre, il sera préférable de ne pas courir durant les trois premiers jours, pour ne pas occasionner un surcroît de fatigue, et durant cette période la marche se révèlera plus intéressante. Cela signifie qu’à (J- 4) il sera possible d’entreprendre une séance pointue.

-       L’exposition prolongée à l’altitude occasionne une production accrue de « radicaux libres », qui agressent les graisses des membranes, notamment celles des globules rouges. Une prise préalable de germe de blé, qui délivre de la vitamine E et des acides gras permet de prévenir cette atteinte. Une prise complémentaire d’anti-oxydants et de graisses de poisson peut également se voir prescrite par un spécialiste, à titre de prévention.

-       En outre, certains sportifs voient leur métabolisme protéique se modifier lors de stages en altitude. On observe ainsi parfois une utilisation accrue de certains acides aminés, les « ramifiés ». Chez les sujets concernés, cela peut se traduire par une dépression immunitaire, des difficultés de récupération, de la fatigue musculaire et de la fatigue cérébrale. Au retour, un état d’asthénie profond peut subsister et empêcher la réalisation de performances de qualité, en dépit des efforts consentis en montagne.



- Enfin en altitude, on relève une majoration des pertes hydriques (par la ventilation), qui donne lieu à une plus rapide spoliation des réserves d’eau de l’organisme. De ce fait, il faut boire davantage tout au long de ce séjour, lors de chaque sortie, y compris les promenades à la marche, penser à s’hydrater la nuit, et ne pas attendre d’avoir soif pour se désaltérer. En course, on se montrera particulièrement rigoureux sur ce plan, en veillant à se ravitailler à intervalles réguliers.  Evidemment, dès qu’un seul de ces points est imparfaitement pris en compte, le séjour va produire des effets opposés à ceux qui sont recherchés, comme on le voit si souvent. Ceci peut expliquer l’absence de démonstration, aujourd’hui encore, en faveur de l’entraînement en altitude.


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